July 30, 2014

Zen Occidental: Transition et Remous: 2

Deuxième Partie - Le Maître Zen

Une série d'essais discutant certaines récusations <br>rencontrées par les Praticiens du Zen Occidental
Les arbres qui, comme le peuplier élève toutes ses branches vers le haut, ne donnent ni ombre ni abri quelle que soit leur hauteur. Les arbres, le plus bel abri comme le saule tendrement nous recouvre de son ombre, le plus haut permet de son sommet le plus grand essor, le plus bas étale ses branches. "

- Edward George Bulwer-Lytton (1803 - 1873)

Tous les groupes ont besoin d'une hiérarchie de façon à fonctionner et les Sangha Bouddhistes n'en font pas exception. La responsabilité crée une organisation saine, que ce soit dans une compagnie, un pays, un équipage ou une sangha Zen. Tandis que les structures de la hiérarchie du Zen japonais et du Chan chinois diffèrent, dans les deux néanmoins, est inclut le rôle du Maître Zen.

Un maître sert différentes fonctions dans une sangha : celle de l'enseignant et de ressource pour les étudiants praticiens, celle de guide ou " coach ", celle de maître ou co- maître de cérémonie, celle de disciplinaire et souvent d'administrateur. En plus, un maître est habituellement responsable de la santé financière du temple, de la santé spirituelle de la circonscription du temple afin de maintenir une image publique saine dans la communauté mais aussi d'assurer que le temple pourra comme il se doit de pourvoir aux services nécessaires de la communauté.

Un maître doit également posséder des standards de la plus haute moralité et éthique ainsi qu'une grande profondeur de vues intérieures spirituelles. Combien rare en fait, serait de pouvoir trouver une personne qui aurait ces qualités ! Considérant ces choses, on se demande combien de personnes pourraient en réalité rechercher une telle position, excepté ceux qui sont à la recherche du pouvoir et de la notoriété.

 

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Grand-maître Jy Din, tenant le sceptre caractéristique de la fonction de Grand-maître.
Dans le Chan chinois, le Grand-maître sied au sommet de la structure hiérarchique. Il y a pourtant peu de Grand-maîtres dans le monde aujourd'hui et c'est en fin de compte par eux que réside la responsabilité de la santé de toutes les institutions du Zen. Tout au moins en Chine. Aux Etats Unis et dans la plupart des autres pays occidentaux cette structure n'existe pas. Il n'y a pas d'autorité plus haute pour le maître et c'est là que le système peut rapidement s'écrouler. Le maître en occident n'a pas d'obligation et le potentiel de créer sa propre ombrelle de protection contre le mésusage du langage mystique du Zen, a été réalisé plus d'une fois.

 

La structure hiérarchique chinoise est compliquée et confuse pour celui qui n'est pas initié. Au-dessous du Grand-maître le rang désigne le maître et sous le maître se trouve le prêtre/moine ou la nonne. Les maîtres et les moines sont divisés à leur tour en divers niveaux, chacun servant différentes fonctions du cadre monastique. Un tel complexe hiérarchique en Chine avait été jugé nécessaire il y a des siècles, lorsqu'il avait été question de la symbiose de milliers de moines. Les Ordinations impliquent grande pompe ainsi que nombreuses cérémonies. De nos jours encore, le niveau le plus élevé du moine au-dessous du "maître" est crée par une série complexe de cérémonie qui durent plusieurs semaines, avec non moins que 10 Grand-maîtres présidant.

Le besoin historique de structure et d'ordre a dirigé le développement des systèmes hiérarchiques d 'aujourd'hui - systèmes, qui le plus souvent sont exagérés en proportion de la petite circonscription trouvée dans la plupart des temples occidentaux ainsi que dans des groupes crées en dehors de ceux-ci.

Les historiens nous disent que la profondeur de l'accomplissement spirituel n'a jamais été la condition primordiale pour pouvoir s'élever dans les rangs de groupes Bouddhistes, certains ont même spéculé sur cette habilité en dirigeant les autres, ce qui a été fortement réévalué au cours des siècles. Ceci n'est pas étonnant, considérant le manque d'attrait qu'ont de telles positions pour quelqu'un qui est beaucoup plus intéressé dans des poursuites spirituelles. En effet, certains des plus fameux maîtres du Chan n'avaient en fait jamais été ordonnés ( ex. Pang Le laïc)

Une provocation pour le Bouddhisme en occident se trouvait dans la perception du laïc vis-à-vis du maître ou du Moine/Prêtre comme étant un individu tout à fait illuminé, alors qu'il se pouvait qu'il ou elle ne le fut pas, ou n'avait même pas eut d'expériences spirituelles introductives lorsqu'il ou elle avait reçu le bol et la robe. Il y a aussi la perception parmi les praticiens laïques, que les enseignants de la descendance Orientale sont illuminés tandis que ceux de la descendance Occidentale ne le sont pas : que de quelque manière l'Est aurait l'atout contre l'Ouest. Comme documente Stuart Lachs dans Moyens d'autorisation : Etablissant la hiérarchie dans le bouddhisme Ch'an/Zen en Amérique, les hypothèses de ces praticiens laïques ont été particulièrement gênantes pour le Bouddhisme. Mais il y a une réalité bien stricte au travail.

 

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Bodhidharma, par Rev. Fa Lian Shakya (Grèce), OHY

Gautama Bouddha était un homme de chair et d'os qui chercha à aider les autres à obtenir leurs propres expériences d'illuminations. Il encouragea les gens de se regarder eux-mêmes et non pas les autres, par la perspicacité et l'illumination. Siddhartha eut l'expérience de l'illumination par de durs efforts et subséquemment se dévoua à aider les autres à obtenir leur propre expérience d'illumination.
Il y a beaucoup plus de personnes qui cherchent à entrer les portes du Dharma qu'il n'y en a en réalité qui sont entré et pour maintenir la structure de l'organisation il n'y a souvent aucun autre choix que d'enrôler des personnes non- illuminées aux postes d'autorité, parce que de telles personnes peuvent avoir les qualifications nécessaires pour garder le groupe ensemble en dépit de leur vue intérieure spirituelle limitée. Pourtant les effets de telles situations peuvent conduire à des résultats terrifiants pour les étudiants, comme M. Lachs illustre par de nombreux exemples dans le document mentionné ci-dessus. Cet article récapitule plusieurs des dangers auxquels les étudiants font face quand ils élèvent leur enseignant - leur Maître/ou Roshi - au statut de la Forme Idéale (archétype), soit une forme de vénération projetée sur un héros non- caractérisé du Zen. Rendre culte à un maître ne devrait jamais être permit à un étudiant par n'importe quel enseignant de la tradition Bouddhiste du Mahayana - ceci étant une des distinctions caractéristiques du Mahayana. Il faut un enseignant spirituellement avancé pour découvrir quand cela se produit et arrêter cela.

 

Le rapport Maître-étudiant à été énormément maltraité et abusé dans l'ouest. En trop d'occasions les chefs de sangha ont mal représenté le Dharma, ont été impliqués eux-mêmes dans des relations sexuelles avec leurs étudiants, ont détourné des fonts et plus fréquemment qu'on pourrait se l'imaginer, ont conduit leurs étudiants dans des hôpitaux psychiatriques. Le plus ennuyeux est que ces comportements sont fréquemment considérés permit par la sangha, souligné à la craie comme étant " un comportement illuminatif au-delà de la compréhension d'une personne normale."

Une des raisons pour de tel abus repose peut-être dans le terme " Maître", car il implique la maîtrise de quelque chose. Dans le cas de Zen, ce quelque chose serait Zen. Régalant le chapeau de "Maître de Zen" ou de "Roshi" se mettent en marche une variété de conflits. Pour certains, Zen n'est pas quelque chose qu'on maîtrise, du moins pas dans le sens conventionnel du terme. Tandis que "Zen" signifie techniquement méditation ou contemplation (Dhyana), sa signification dans le champ du Bouddhisme Mahayana atteint bien plus loin que ça, dans la Forme Idéale du Soi. La contemplation n'est pas quelque chose que nous pouvons maîtriser, c'est quelque chose que nous faisons -- comme la respirer. Et dans le sens mystique, l'illumination ne signifie pas que nous avons atteint le statut de la Forme Idéale, par exemple, du Bouddha Amitabha, mais cela signifie que nous sommes arrivés à réaliser notre Vrai Soi ; que nous sommes arrivés à identifier directement l'unitaire, l'infini, la nature de l'existence - c'est-à-dire, une nature dans son essence même, nous.

De passer 10.000 heures sur le coussin ne signifie pas obtenir l'expérience de l'illumination et éprouver l'illumination ne signifie pas que la route devant nous sera dorénavant sans épreuves ni défi de tribulations. Avoir identifié notre nature Bouddha ne prédispose pas à rester dans un état d'illumination tout le temps. En fait, il est extraordinairement rare pour une personne d'être capable de maintenir une discipline intérieure constante de l'esprit illuminé tandis qu'il s'entretient avec d'autres personnes, tout en travaillant, en s'occupant de sa famille - ou dirigeant une Sangha.

Après sa mort, il devint un modèle pour l'esprit illuminé - un Idéal auquel on aspire, en plus, le sentier qu'ultérieurement empruntèrent de grands maîtres devenant eux aussi modèle de ce qui pouvait être achevé durant le temps d'une vie. Mais le Bouddha devint plus que ça. Il devint l'emblème du sauveur - le Bouddha Amitabha, un Bouddha Céleste, une Forme Idéale d'androgyne par laquelle on peut atteindre l'Union Divine(1)

Nous ne devons pas prendre le modèle pour l'homme, parce qu'ils conduisent à des opposés du spectre : un est un être spirituel - une Forme Idéale ; l'autre est un être physique - chair et sang. Dans le dialecte du Bouddhisme, devenir un Bouddha n'est pas devenir une Forme Idéale mais devenir un être humain pleinement illuminé.

Se présenter comme " Le Bouddha " ou assis " Méditant à la place de Bouddha " est au-delà de la mauvaise présentation. Ce serait comme si un prêtre Chrétien disait qu'il est assis " Méditant à la place du Christ " Ca ne prendrait pas beaucoup de temps pour qu'il soit remis à sa place.

Le Maître de religion Parfait, dans ( la forme de Bouddhisme Theravadin) repose sur ce que l'étudiant identifie le Maître à une Forme Idéale. Cela fonctionne parce que le Maître a un niveau énormément profond d'attention spirituelle et comprend, du moins sur un niveau intuitif, les pouvoirs et procédés de l'étudiant lorsque celui-ci s'engage dans cette participation mystique. (2)

Mais le Bouddhisme Mahayana, dans lequel le Chan est blotti, n'est pas un Maître de religion Parfait et il s'ensuit que des confusions sur ce thème ont teinté l'image du rôle du Maître résultant que le terme a été inextricablement changé en quelque chose qui n'avait jamais été entendu être. Mr. Lachs nous le rappelle. Tout en recherchant un terme à employer qui soit plus approprié pour un enseignant du Zen au lieu de " Maître ", il écrit :

Sans doute pourrions-nous retenir l'ancienne idée Bouddhiste de kalyana-mitra, c'est-à-dire, l'idée d'un ami spirituel. De ce point de vue le kalyana-mitra n'est pas idéalisé ni élevé dans la position au-delà de l'humain ou de la fragilité humaine mais, se présente en tant que quelqu'un qui a plus de perspicacité, plus d'expérience, sachant plus, démontrant patience et capacité d'écouter, ayant un mérite d'étude associée à la bonne connaissance méditative, une compréhension plus profonde et que le praticien aura comme guide, donnant des conseils et de l'aide, étant aussi son confident. On est kalyana-mitra en étant en rapport avec une ou plusieures personnes. C'est un rapport entre amis avec un intérêt commun, bien qu'une personne puisse avoir plus de connaissance et d'expériences que l'autre. Le rapport est la responsabilité des deux amis et tous les deux y apportent quelque chose. "

Ce serait faire un pas en avant dans l'histoire du Zen occidental si nous pouvions laisser tomber la "charade principale de Zen" soit - d'élever un être humain au-dessus et au-delà de la forme humaine, au-dessus et au-delà "d'une personne ordinaire." Non seulement il n'y a aucun besoin de cela, mais cela conduit les gens dans l'abîme : cela crée l'impression que n'importe quelle perspicacité spirituelle que l'on puisse atteindre ne sera jamais assez pour qu'elle soit assortie à ce surhomme fictif, imaginaire que l'aspirant voit que pour trop vrai. Cela mène à la dichotomie apparente du supérieur et du subordonné - comparaisons et séparations qui crevassent l'édifice du Zen.

Je vote pour adopter la suggestion Stuart Lachs et d'employer le terme ancien du Bouddhisme qui décrit si bien le rôle désiré d'un enseignant du Zen : kalyana-mitra.

C'est un terme qui évite non seulement la séparation et l'isolement de l'étudiant/maître; mais qui n'élève pas l'enseignant au-dessus de l'humain dans le royaume d'un être fictif inventé.

Souvent, des aspirants étudiants du Zen me demandent comment faire pour choisir un maître pour pouvoir étudier sous ses directives. Il y a plusieurs côtés à cette question. La prétention, qu'un maître soit exigé afin de pouvoir faire des progrès dans le Zen n'est pas insignifiante, c'est un mythe qui a été et continue à être propagé par l'institution du Zen.

Le mysticisme, de n'importe quel nom, est une discipline spirituelle entièrement personnelle et indépendante. Il n'y a pas de confiance dans les doctrines, les cérémonies ou les écritures. Ou les maîtres. C'est notre propre pouvoir de volonté et d'énergie tournée vers l'intérieur qui crée l'Esprit Zen." Un maître Zen peut nous aider à nous maintenir concentré sur la tache, nous aider à limiter les distractions et " tenir nos mains" lorsque nous traversons un terrain difficile, mais aucun professeur, maître ou toute autre personne ne peut faire notre travail difficile pour nous. Personne, excepter nous-même, ne peut instiller la foi, le courage et le désir spirituel requis pour réussir sur le sentier. Quiconque recherche un professeur - kalyana-mitra - devrait bien retenir ceci dans son esprit. Toute autorité, directeur de Zen qui met en relief -- ses qualifications, sa lignée, son accomplissement spirituel personnel -- devrait être évité car c'est là une importance fondamentale. Mais à part cela, chaque personne que nous rencontrons durant ce voyage a quelque chose à nous enseigner. Chaque expérience que nous avons, qu'elle soit douloureuse ou joyeuse est une leçon si nous la réalisons en tant que telle. Même les personnes les plus arrogantes ou les plus vaniteuses ont quelque chose à nous enseigner au sujet de nous-même et peuvent être un guide pour nous sur le sentier. Nous ne pouvons que leur être reconnaissants.

En suivant la discipline solitaire de Zen nous tâchons de réaliser notre pleine capacité en tant qu'être humain. Nous tournons notre regard fixé intérieurement tout en retirant les projections faites sur les gens qui nous mènent aux rapports samsarique de l'amour, de la haine et de l'adoration de personnes en tant qu'autorités spirituelles. Idéalement le maître est un guide - une source de réconfort quand nous en avons besoin, une source d'inspiration quand nous sommes accablés, un modèle auquel nous pourrions aspirer. Il est compatissant et a de la connaissance. Mais il n'est pas au-dessus des fragilités humaines. Comme Martin Buber, qui aimait la mysticité juive du début du 20ème siècle, disait, " On ne peut approcher le divin en l'atteignant hors de l'humain. Devenir humain, est la raison pour laquelle la personne individuelle a été crée."


1) " L'Union Divine" ou Samadhi est l'expérience d'un état indescriptible de conscience avec complet abandon de soi.

2) " La Participation Mystique " est un terme anthropologique inventé par Levi-Bruhl pour décrire une communication mystique entre le sujet et l'objet. On voit généralement ces exploitations dans les publicités de voiture où le spectateur est engagé à s'identifier à une voiture sous diverses " présentations émotives" comme sexe, vitesse, puissance, etc....

La puissance de la participation mystique ne devrait pas être sous-estimée. - C'est elle qui conduit notre économie, affecte nos rapports sociaux, et manipule notre façon de penser. C.G. Jung. dans " Le Symbolisme de la transformation de la masse" décrit la participation mystique en termes d'identification inséparable entre l'individu et l'objet :

"C'est une identité irrationnelle et inconsciente résultant du fait que n'importe quelle chose qui entre en contact avec moi est non seulement cette chose même, mais également un symbole. Cette symbolisation provient, premièrement parce que chaque être humain a des contenus inconscients, et deuxièmement parce que chaque objet a un côté inconnu. Votre montre, par exemple. A moins que vous ne soyez un horloger, vous présumeriez difficile de dire que vous savez comment elle fonctionne. Même si vous le savez, vous ne sauriez rien au sujet de la structure moléculaire de l'acier à moins que justement vous soyez un minéralogiste ou un physicien. Et n'avez vous jamais entendu parler d'un scientifique qui sait comment réparer sa montre de poche ? Mais là où deux inconnus se rencontrent, il est impossible de les distinguer entre eux. L'inconnu dans l'homme et l'inconnu dans la chose tombent ensemble en une chose. Alors là surgit une identité inconsciente qui frise parfois le grotesque. Personne n'est autorisé à toucher ce qui est " à moi," et encore moins de l'utiliser. On est offensé si "mes" choses ne sont pas traitées avec suffisamment de respect... Tant qu'elles sont inconscientes nos contenus inconscients sont toujours projetés et cette projection reste sur tout ce qui est à nous " objets inanimés, tout comme aussi des animaux et des gens."


Traduction: Fa Lian Shakya,OHY

 

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