| Un Matin Printanier au Lac: La Joie de Eveil |
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| Écrit par Chuan Zhi |
| Mardi, 30 Novembre 2004 00:00 |
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Récemment je donnais une causerie sur le Bouddhisme Zen à un groupe d'élèves de la Junior Hight School. La '' conversation'' aboutit rapidement à une série de questions et réponses qui avaient trait à une simple question, « Pourquoi le Zen est-il si pessimiste? » C'était la première fois qu'on me posait une telle question et celle-ci me surprenait parce que je n'avais jamais entendu une telle description du Zen. J'essayais de comprendre d'où provenait cette question. « Par ''pessimisme'' entendez-vous dire qu'un Bouddhiste Zen doit savoir que la vie dans le Samsara est amère et douloureuse : La première des Quatre Nobles Vérités de Bouddha? » « Non, c'est que... c'est tellement négatif. » Répondait -elle. « Et bien, nous avons une pratique de renoncement aux choses de façon à pouvoir nous en détacher. Le détachement, bien sur, était la solution de Bouddha afin de pouvoir surpasser les amertumes et les souffrances de la vie dans le samsara : La deuxième de ses Quatre Nobles Vérités. » Elle essaya de s'expliquer plus clairement. « Je vois des photos de gens qui pratiquent le Zen- ils sont assis sur des coussins pendant des heures. Cela semble tellement ennuyeux... quelle perte de temps ! Et pourquoi ? » Dit-elle. « Cela semble tellement déprimant. » Evidemment sur un certain point j'étais d'accord avec elle. En fait, pourquoi les gens passent leur vie assis sur un coussin visant à l'illumination sans jamais l'obtenir ? D'habitude, c'est simplement le fait de vouloir essayer de l'obtenir qui les empêchent de pouvoir l'atteindre. Mais ce n'était pas cela qui l'intéressait. Elle était une jeune adolescente qui envisageait son futur-- peut-être une carrière et une famille. Elle était inquisitive et pensive. Le Zen avait captivé son intérêt et elle essayait de résoudre une question importante. Elle continuait disant: « Et puis je vois des shows à la télévision... des personnes Zen qui marchent en rond comme s'ils étaient confus, ennuyés... sans expressions ni émotions. Quand on leur pose une question, ils restent la, sans parler. Cela semble étrange... c'est comme s'ils étaient désintéressés de tout. » Je savais que je devais répondre rapidement à cela autrement elle m'aurait mis dans la même catégorie de personnes, mais la question m'avait pris de surprise. Elle avait été témoin en voyant ces personnes, de leur expression extérieure de la lutte intérieure en vue de la libération. Extérieurement il n'y a pas grand chose à voir: cela semble même ennuyeux et pourrait peut-être provoquer une sorte de crainte à un jeune adulte ou enfant. Mais la raison pour laquelle il ne se passe pas grand chose extérieurement est parce que toute l'activité survient à l'intérieur. Je devais vite trouver un exemple afin d'expliquer cela afin d'être comprit facilement par un jeune adulte. « N'as-tu jamais eu de pensées au sujet de qui tu es? » Lui demandais-je. « N'as-tu jamais eu de pensées au sujet de qui es-ce qui pense? N'as-tu jamais considéré pourquoi c'est toi qui es dans ce monde au lieu de quelqu'un d'autre? N'as-tu jamais considéré les choses d'un point de vue ' hors de toi-même? » Je posais ces questions parce que c'était des questions que je me demandais silencieusement quand j'étais enfant et je pensais que d'autres enfants pouvaient en faire de même. Cette fois, c'était mon tour de la surprendre avec mes questions. Elle ne pouvait répondre tout de suite mais elle restait pensive. Puis dit, « Oui bien sûr... j'ai eu de ces pensées. Je me suis toujours demandé des questions comme ça. » « Si quelqu'un t'avait vu ou t'avait regardé au moment même où tu avais des pensées de ce genre que penses-tu qu'il aurait pensé, que tu semblais hébétée, confuse ou ennuyée peut-être? » « Oui, je suppose. » répondit-elle « Mais lorsque tu avais ces pensées, te sentais-tu hébétée et ennuyée? » « Non. » Je lui expliquais que : « Lorsque les Bouddhistes Zen méditent, ils contemplent les choses de cette manière là. En fait, ces questions sont la racine du Bouddhisme Chan, elles sont la base pour pouvoir comprendre qui nous sommes. Et tu sais, elles ne sont pas ennuyeuses du tout. Elles sont les racines des sujets les plus stimulants et accaparants qu'une personne puisse demander ! Qu'es-ce qui pourrait être plus passionnant et positif que d'apprendre qui nous sommes et grandir au-delà de nos limitations imaginées ? » Un autre étudiant se joint à la discussion : « Mais comment expliquer ces regards confus et vides de ceux qui méditent beaucoup? » Tu as certainement vu à la Télévision... des dessins animés ou quelque aventure ou quelque chose qui soit vraiment captivant et qui a retenu tout ton intérêt ? » Demandais-je. « Bien sur. » « N'as-tu jamais vu quelqu'un d'autre qui soit tellement accaparé par tout ce qu'il voit qu'il en oublie tout ce qui est autour de lui ? » « Si ! » Répondit-il, avec un petit rictus, réalisant où je voulais en venir. « Ils ont en effet une expression vide et hébétée. » « Exact » lui répondis-je. Je continuais à expliquer que ce qui apparaît être une activité passive, peut être même une activité négative ou 'pessimiste' n'en est rien de moins. Nous pouvons être tellement engagés dans notre méditation que non seulement nous perdons le sens de ce qui se passe autour de nous, mais nous perdons même le sens de nousmême. En effet, nous disparaissons : nous entrons dans le vide de l'être, ce que nous appelons Sunyata. Le sens d'exaltation que cela apporte est indescriptible. Le vide ne signifie pas qu'il n'y a rien, cela veut juste dire que nous, notre moi (ego) n'est pas là. Ceci permet l'expérience de la pure attention ; attention sans l'intervention de notre jugement, ni d'évaluation de notre esprit. Il s'agit d'une expérience de respect craintif, d'inspiration sacrée, extatique qui répond des plus belles oeuvres d'arts et poésies de l'histoire de l'humanité. Jelaluddin Rumi qui était un poète et un enseignant Soufi, avait dit-on, récité des milliers de vers dans ses poésies sur l'amour lorsqu'il était dans un état de ravissement contemplatif. Je choisis ensuite un de mes vers préférés : La terre danse autour du soleil. La lumière du matin perce avec délice. Comment ne pas être émus de cet amour et ne pas danser comme un saule pleureur ? Dans l'art Bouddhiste nous pouvons voir les statues et les peintures de Bouddha et des Bodhisattvas assis en méditation avec un sourire extasié. Et l'expérience n'est pas de s'en limiter uniquement aux traditions mystiques bouddhistes mais également à d'autres toutes aussi nombreuses comme l'art et la poésie, qu'ont laissé sur leur passage les chrétiens et les juifs, les musulmans et les mystiques Hindous. « Le Bouddhisme n'a rien de pessimiste. » Soulignais-je. « Mais il s'agit bien d'embrasser la vie, de découvrir notre propre force, il s'agit de beauté et d'amour. Le Bouddhisme embrasse la recherche de la gnose de l'humanité dans toutes ses manifestations : la connaissance spirituelle, la connaissance scientifique, la connaissance de l'art et de la musique, mais plus que tout autre, la connaissance du Soi : la connaissance de qui nous sommes à l'opposé de qui nous pensons être. Ceci est la source ultime de joie et de bonheur. Et n'es-ce pas cela que nous voulons tous ? » Les questions s'arrêtaient et le silence remplit la grande sale, puis la cloche sonna et les étudiants s'en allèrent pour rejoindre leur classe suivante. En partant, un professeur me dit qu'il était impressionné de ce que la discussion avait été si bonne, tenant compte qu'il s'agissait d'un groupe d'étudiants les plus ‘rudes' qu'il n'avait jamais rencontré. Rien ne pouvait me rendre plus content. Matin de Printemps au lac : le vent se mêle à la pluie. Les affaires du monde sont comme des fleurs Qui ne tombent que pour refleurir à nouveau. Je me retire pour contempler derrière les portes closes, un endroit de vraie joie, tandis que des nuages errants viennent et vont toute la journée. Zheng Jue, une religieuse du Couvent Fayun, 12ème Siècle Les significations sont universelles, mais les expressions sont paroissiales ; et même dans une langue une simple signification peut être exprimée de diverses manières. Nous avons vraiment de la chance que les pensées poétiques profondes sont sur plusieurs niveaux et que le traducteur travaillant avec les nuances de sa langue native, peut choisir ces niveaux ou suppléer une interprétation qui diffère légèrement d'une version d'un autre traducteur. Dans l'esprit de Zen, nous souhaitons la bienvenue aux différentes interprétations des poèmes de notre Web site. Quiconque voudrait offrir des traductions peut envoyer ses oeuvres ( anonyme ou pas) à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. . |
